Participation au Colloque national « Numérique des tout-petits » – 5 novembre 2018 – Paris

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Contextualisation et problématisation.

Les interfaces qui nous relient aux objets numériques ont lentement progressé durant près de 35 années, des ancestraux crayons optiques du T07 de Thomson (1983) qui pointaient sur les tubes cathodiques de nos téléviseurs jusqu’aux célèbres Joystick puis KinectÓ devenus les indispensables interfaces de pilotage des consoles de jeux. Les technologies numériques permettent désormais d’immerger l’individu dans des espaces de réalité virtuelle (RV) par le truchement de casques et de manettes d’un nouveau genre. A l’heure de l’accélération technologique (Rosa, 2010), l’immersion virtuelle propose un défi aux nouvelles générations, celui de la « perception virtuelle ».

Cette recherche se propose d’étudier les effets de la réalité virtuelle immersive sur de très jeunes sujets (environ 5 ans, scolarisés en grande section de maternelle).

Le caractère innovant du dispositif (plonger de très jeunes enfants au cœur de la réalité virtuelle) et les contraintes logistiques qui en découlent (autorisation d’accès aux écoles maternelle, accords parentaux impératifs) nous conduiront à limiter le corpus à l’étude d’une vingtaine d’enfants. Nous ne retiendrons par ailleurs que 12 séquences présentant des interactions suffisamment significatives pour nous permettre de travailler les six axes d’analyses que nous souhaitions explorer.

Le présent rapport se propose de poser en premier lieu quelques repères sur le concept de réalité virtuelle, pour permettre au lecteur de mieux appréhender le contexte d’une expérimentation conduite dans le cadre de la réalité immersive tridimensionnelle.

Dans un second temps, il s’agira de décrire le dispositif expérimental et ses particularités (choix du matériel, activités proposées aux enfants, contraintes techniques, etc.).

La troisième partie analyse les observations majeures selon six axes d’étude :

  • la temporalité et la qualité de l’immersion,
  • l’importance des interactions et du lien avec le monde réel (guidage

    expérimentateur),

  • la nature de la présence et la distinction des espaces virtuel/réel,
  • la convergence des expériences kinesthésiques (au-delà du seul visuel),
  • la persistance de l’univers virtuel,
  • les effets psycho-moteurs.

    Au travers de cette première approche expérimentale, la question des effets de la réalité virtuelle sur les jeunes enfants apparaît comme un immense et fertile territoire de recherche qu’il reste à explorer. Les interrogations demeurent nombreuses tant sur le plan cognitif, psycho-moteur ou sensible, que dans les domaines du rapport aux dispositifs communicationnels ou de la transmission des savoirs. Les objets usuels proposés à l’enfant dans un environnement donné par la plateforme du casque HTC VIVE (verre, bâton, robinet, allumette, etc.) sont- ils perçus et manipulés dans la réalité virtuelle aussi bien qu’ils le seraient dans la réalité matérielle, tant du point de vue émotionnel (inhibition/désinhibition) que du point de vue sensori-moteur (pertinence et finesse des mouvements, adresse, etc.) ? Les actions menées dans l’espace virtuel par ces très jeunes enfants produisent-elles, selon eux, de « véritables » conséquences une fois le casque ôté ? Existe-t-il chez ces jeunes sujets un risque de « dé-réalisation », au sens d’une certaine confusion entre la réalité et la fiction portée par le processus de virtualisation ?

 

Enfin, quelques préconisations d’usages seront présentées en dernier lieu. En effet, bien que les principaux constructeurs de casques de RV déconseillent tous l’usage aux moins de 12 ans, certaines structures publiques proposent l’accès à des activités en RV… dès 6 ans. Les constructeurs évoquent pourtant l’écart entre les lentilles comme pouvant s’avérer trop éloignée pour certains enfants et provoquer des douleurs ou une fatigue oculaire. Sony liste également les problèmes auxquels les adultes peuvent être confrontés, comme le mal des transports, les nausées, la désorientation ou l’altération de la vision (et déconseille même la conduite après une activité en RV prolongée).

Il s’agira donc principalement de lister les points de vigilance qui nous semblent important à respecter en cas d’usage de la RV par de jeunes enfants, dans le cadre d’activités publiques encadrées et surtout d’expériences moins sécurisées

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